Jusqu’au début des années 80, il existait peu d’organismes communautaires dans Ville-Émard/Côte St-Paul. Cependant, avec l’évolution du quartier, en particulier le vieillissement de sa population et son appauvrissement, de nouveaux besoins se sont manifestés. L’idée d’associer tous les intervenants du milieu dans une démarche de concertation pour y répondre a donné naissance à Concertation Ville-Émard/Côte St-Paul.

L’organisme s’incorpore en 1992 et se donne pour mission de rassembler les différents acteurs du quartier qui désirent agir ensemble pour améliorer les conditions de vie des citoyens et contribuer au développement local de la communauté.

Mandats

Informer : consulter et sensibiliser les citoyens sur les enjeux du quartier.

Mobiliser : rassembler les acteurs (groupes communautaires, institutions, gens d’affaires, citoyens) afin d’identifier d’analyse et de partager les enjeux du quartier.

Soutenir :  les initiatives et l’action de ses membres.

Représenter : faire valoir les prises de position de ses membres.

 

Vision

L’élimination de la pauvreté dans le quartier;

De meilleurs conditions de vie pour les citoyens;

Le développement local.

Valeurs

Le respect : agir pour la mission collective de Concertation Ville-Émard / Côte St-Paul en respectant les personnes et leur organisation.

La démocratie : se donner le pouvoir de s’engager, de s’exprimer, de partager des opinions, de décider, de s’informer et d’être informé, d’assumer les décisions prises par les membres de CVÉCSP tout en demeurant solidaire.

L’autonomie :  s’engager, faire de son mieux et agir en mettant en priorité le bien-être collectif des citoyens du quartier.

L'équipe

  • Assia Kada, coordonnatrice générale
  • Julie Rainville, responsable des comités et adjointe à la coordination
  • Christine Bernier, animatrice de vie de quartier
  • Nahoé Tardif, agente de développement RUI
  • Laura Carli, agente de développement en sécurité alimentaire

Conseil d'administration

  • Claudia Ouamabia, présidente
    Directrice, Centre d’aide à la réussite et au développement
  • Aude Husson, vice-présidente
    Directrice, Station Familles
  • Marcela Cid, trésorière
    Directrice, Maison d’Entraide St-Paul & Émard
  • Lida Aghasi, secrétaire
    Directrice générale, Centre social d’aide aux immigrants
  • Jacinthe Daviau-Leclerc, administratrice
    Directrice adjointe, Centre de loisirs Monseigneur Pigeon
  • Mourad Meberbeche, administrateur
    Conseiller en concertation civile et communautaire, Poste de Quartier 15 – SPVM

Petite histoire du quartier

Côte St-Paul apparaît pour la première fois sur une carte de l’île de Montréal datant de 1702. Essentiellement agricole jusqu’en 1820, le quartier entre de plein pied dans l’ère industrielle avec le creusement du canal de Lachine . Attirée par la force hydraulique et la commodité du transport, les grandes industries s’installent aux abords du canal, modifiant profondément l’identité du quartier. Quelques fermes continuent de subsister durant la fin des années 1800 et au début des années 1900, mais la révolution industrielle a marqué le quartier et changé le mode de vie des citoyens.

Traversant les deux grandes guerres et la crise économique de 1930, Côte St-Paul profite au maximum de l’activité industrielle et commerciale locale grâce à sa situation privilégiée sur les berges du canal. L’ouverture de la voie maritime en 1959 façonne autrement cette vigueur économique : le canal perd son rôle de catalyseur industriel. Les grandes industries déjà implantées roulent rondement; l’ère industrielle est à son apogée, mais des signes annoncent ici et là son déclin.

À partir des années soixante, la création de nouvelles industries se fait plus rare dans le Sud-Ouest. Le bassin industriel n’en demeure pas moins important et permet de maintenir une activité économique acceptable pour une grande partie de la population locale. La possibilité d’obtenir des emplois bien rémunérés avec des protections syndicales permet à beaucoup de travailleurs d’accéder à la richesse sans nécessairement passer par de longues et coûteuses études. Nombre d’entre eux, notamment au sein de la communauté italienne, décident d’investir leurs économies dans l’achat de maisons.

Malgré les forces économiques contraignantes l’activité économique réussit à se maintenir jusqu’à la crise économique des années 80, qui frappe durement le Sud-Ouest. La morosité s’imprègne jusqu’à faire fuir une bonne partie des citoyens vers d’autres quartiers de Montréal si ce n’est la banlieue, tellement invitante. Quand elles ne mettent pas la clef sur la porte, les dernières grandes industries des quartiers du Sud-Ouest (Coleco, Consumers Glass, Northern Electric, Simons, Sidbec, Dosco) réduisent drastiquement leurs activités, victimes des années de récession, de leurs infrastructures vieillissantes et de leur incapacité à prendre le virage technologique. Autrefois considéré comme un quartier convivial, économiquement dynamique et idéalement desservi par les transports (le canal, les autoroutes, les voies de chemin de fer), Côte St-Paul devient une enclave désertée par ses citoyens et boudée par les industriels et les commerçants.

Pendant ces années difficiles, le boulevard Monk connaît un déclin de son activité commerciale, accentué par l’implantation du centre commercial Carrefour Angrignon. Malgré une reprise relative de l’économie durant les années 90, les quartiers Émard et Saint-Paul ont de la difficulté à se relever d’un demi-siècle de décroissance. Ce qui explique pourquoi tant d’espoir sont fondés à l’heure actuelle sur le développement du Canal Lachine. La renaissance économique pourrait bien coïncider avec la renaissance du Canal!

 

sources: Nicole Mousseau et Martin-Philippe Côté